Pourquoi pas l'avion?

L"engagement de Seb pour l'écologie l'emporte sur ses modes de déplacements en voyage.

A travers la revue "Carnets d'Aventures", il se retrouve, par la possibilité de voyager à moindre frais pour l'environnement.

Carnets d'Aventures est  un magazine "papier" trimestriel, qui a pour thème le voyage sportif itinérant, sans moyen motorisé (à pied, à vélo, en kayak, en canoë, à cheval, en parapente, etc.), dans la nature et avec bivouac.

La lecture de réçits de voyage à vélo, nous a réellement conforté dans notre mode de déplacement .En effet, il offre la possibilité d'appréhender progressivement la métamorphose des paysages, en autonomie ; de plus il permet d'arriver en lieu inconnu sans la notion d'intrusion. Enfin il permet de rencontrer des gens et de sollicité la sympathie ( on l'espère !!! ).

Après accord des rédacteurs de notre revue, nous vous proposons quelques passages engagés sur les moyens de déplacements... 

www.expemag.com

« EMISSIONS DES DIVERS MOYENS DE TRANSPORT »

                                              « Emission équivalent carbone

                                                  aux 100 km par passager      (1)

Avion vol domestique------------------------  6 4 kg       (2)

Voiture en mono utilisateur ----------------  3.5 kg

Avion long courrier -------------------------  3 kg

Voiture à 2 -----------------------------------  1.7 kg

Bus --------------------------------------------  0.9 kg

Voiture à 4 -----------------------------------   0.8 kg

 Ferry/ Cargo --------------------------------  moins de 0.1 kg       (3)

Train ------------------------------------------  0.8 kg     (4)

Marche/ Vélo --------------------------------  négligeable     (5)

 

 (1) : Sources : Ademe, www.manicore.com, …

 (2) : Les vols domestiques consomment plus aux 100 km par passager parce que le décollage et l’atterrissage sont les moments les plus consommateurs.

(3) : Le transport de passagers est en général assorti de transport de fret. Le fret étant nécessaire et son acheminement par voie maritime ou fluviale moins émetteur que par la route, greffer des passagers rentabilise davantage ce type de transport et ne nécessite pas beaucoup d’énergie puisque c’est le fret qui représente l’essentiel de la charge. D’un autre côté, l’aménagement pour le transport des passagers diminue la quantité de fret transportable. Au bilan, la comparaison avec les autres moyens de transport qui sont exclusivement passager est difficile. En revanche, une croisière n’a pas un bon ratio puisqu’il n’y a, a priori, pas de fret.

(4) : Pour le train, les valeurs sont assez variables selon le type de train. Nous avons pris la valeur des trains de grandes lignes en France. Le TGV a des émissions encore inférieures par passager.

(5) : Certains calculs donnent 0.5 kg pour le marcheur et 0.2 kg pour le cycliste parce que l’on estime qu’ils mangent plus et que la production de nourriture entraîne des émissions de CO2. Le raisonnement paraît un peu biaisé parce que la production de nourriture n’es pas forcément émettrice, et qu’elle devra l’être de moins en moins. D’autre part, un Occidental moyen consomme trop de calorie pour sa vie sédentaire ; il y a fort de parier que la différence, s’il voyage à vélo, ne sera pas si élevée, d’autant que le surplus de nourriture consommé par le voyageur à vélo sera des pâtes, du riz ou d’autres céréales car ces dernières fournissent les glucides nécessaires à l’effort (et sont facilement transportables par le cyclo-voyageur), et cette catégorie d’aliment est la moins émettrice de carbone ( il faut produire entre 5 à 10 calories de végétaux pour produire une calorie de viande). »

« CALCULER SON EMPREINTE ECOLOGIQUE »

 « Des sites internets permettent de calculer son empreinte écologique. Le principe est de rentrer des informations sur son mode de vie (transport, habitation, consommation) pour voir quelles sont les émissions carbone qui y sont associées. On obtient un chiffre annuel que l’on peut comparer avec la valeur des émissions annuelles par être humain qui serait soutenable pour la planète ( cette valeur est égale à 700 kg de carbone par an). L’empreine d’un Français moyen est approximativement 4 fois supérieure à cette valeur ; il faudrait donc 4 planètes à notre disposition si chaque humain avait le mode de vie d’un Français moyen… On peut aussi voir facilement quel est le coût en carbone de son voyage, et le comparer avec la fameuse valeur soutenable. Pour exemple, le voyage en avion pour Santiago du Chili aller-retour « coûte » 780 kg de carbone ! Soit à lui seul, une valeur supérieure de 80 kg à la valeur soutenable annuelle ! ! Cela nous à fait réfléchir… Le meilleur site que nous avons trouvé pour calculer son empreinte est « Bilan Carbone Personnel » , un site réalisé par Jean Marc Jancovici (polytechnicien spécialisé dans les questions de réchauffement et d’énergie, auteur du livre « Le plein s’il vous plaît » ; son site : www.manicore.com. Sur ce site, vous pourrez calculer votre bilan annuel, le sauvegarder, créer un second profil intégrant les paramètres de votre voyage et le comparer. Pour un voyage long en mode non motorisé comme préconisé dans nos pages, on peut faire baisser nettement toutes les valeurs et passer très en dessous de la valeur soutenable tout en prenant un plaisir immense au voyage. Alors pourquoi s’en priver ? Dans tous les cas, quel que soit son mode de vie, aller calculer son empreinte écologique est instructif et édifiant, et pourra mener à des réflexions utiles…. »

« LES MAUVAISES BONNES RAISONS DE CONTINUER A PRENDRE L’AVION »

 - « SI JE NE LE PRENDS PAS, L’AVION PARTIRA SANS MOI

Ce n’est pas tout à fait vrai : si le mouvement s’étend la planification des avions va forcément changer et il n’en volera pas autant que si on ne changeait rien à son comportement . Des avions sont déjà parfois annulés lorsqu’il n’y a pas assez de passagers. Chacun à son échelle peut contribuer à l’annulation d’un vol…

- LE TRAFIC AERIEN NE REPRESENTE QUE 3 % DES EMISSIONS DE CARBONE

C’est vrai, mais il faut considérer que seule une petite partie de la population prend l’avion, et c’est cette tranche de population qui a le niveau d’émissions de carbone par habitant le plus élevé. C’est une question d’équité : on trouve en général peu moral qu’un Américain moyen émette 10 fois ce que la terre pourrait soutenir durablement, mais cela nous dérange moins de faire partie de la tranche d’humains volants… De plus, le trafic aérien est en forte progression et sa contribution aux émissions de carbone globales avec.

- DE TOUTE FACON ? LE PETROLE ? ON VA LE CRAMER JUSQU'A LA DERNIERE GOUTTE

 Il y a des chances en effet… mais le pétrole ne sert pas qu’à voyager, il sert aussi à faire fonctionner l’agriculture industrielle qui permet de nourrir des milliards d’êtres humains. Probablement que les écologistes convaincus diront que l’agriculture bio permettra de nourrir l’humanité. Peut-être et c’est souhaitable, mais ce sera forcément au prix d’un travail humain supplémentaire ( certains vont se réjouir d’une baisse de chômage…) ; la mécanisation alimentée par le pétrole évite beaucoup de travail fastidieux et permet d’allouer de nombreux bras et cerveaux à d’autres tâches. Le pétrole sert aussi à transporter des marchandises et les humains dans leurs déplacement hors vacances. Bref, le pétrole a d’autres usages probablement plus prioritaires que les vacances et le tourisme. Ca me fait mal d’écrire ça, mais en étant objectif, il est difficile de dire autre chose

- JE FAIS DES EFFORTS LE RESTE DE L’ANNEE , ALORS JE PEUX BIEN PARTIR EN AVION

Justement, constater qu’un simple voyage en avion peut doubler nos émissions annuelles est plutôt un plaidoyer pour ne pas le prendre… Si on a un mode de vie peu émetteur, on peut décider ( ou pas…) de s’allouer une certaine quantité de kilomètres annuelles en avion qu’on ne dépassera pas. Cela peut être compatible avec un niveau d’émissions annuel soutenable, notamment si on n’utilise pas la voiture dans l’année, Par exemple, un mode de vie sobre ( avec très peu de kilomètres en voiture) et 10 000km par an en avion long courrier sont conciliables avec un niveau d’émissions des 700 kg d’équivalent carbone par an. Cependant, attention on peut croire que son propre mode de vie est sobre ( on est souvent bien plus indulgent avec soi même) alors qu’il ne l’est pas forcément dans les faits. Calculer son empreinte écologique est bien utile pour se rendre compte de l’odre de grandeur de ses émissions. Ne pas utiliser de voiture du tout, est souvent difficile, mais si on l’utilise 5000 km/ an ( toujours associé à un mode de vie sobre) on peut décider de s’allouer 5000 km d’avion et de les cumuler d’une année sur l’autre jusqu’au voyage réellement effectué. Adopter ce genre d’attitude de comptable peut paraître rébarbatif, mais cela permet d’avoir une conscience aiguisée de son impact et de vivre en accord avec les challenges de notre époque.

 - LES AUTRES Y VONT POURQUOI PAS MOI ?

Faire des efforts c’est bien, mais qu’il est frustrant de voir ceux qui continuent à vivre leur vie sans rien changer… On a parfois l’impression de faire des économies pour que d’autres, moins scrupuleux, en profitent. Cette vision des choses, qu’on adopte assez naturellement, fait du mal et dresse les gens les uns contre les autres. Il faut bien se dire qu’avant que nous-mêmes fassions des efforts, nous étions dans le groupe qui n’en faisait pas, alors que bien avant nous, d’autres avaient adopté un mode de vie plus respectueux de l’environnement. Et puis par rapport à quelqu’un d’encore plus radical, on est soi-même un gaspilleur. Rentrer dans le système de comparaison est donc pervers et il faut faire très attention avec ça. Mieux vaut faire, en essayant de ne pas juger les autres, ce qui nous semble bon en accord avec nos principes, ce sera toujours ça pour l’environnement, et cela pourra de plus en inciter certains à agir aussi. … »